Déco tasseau de bois : idées, rythme et pose réussie

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Notre article en bref

  • Le tasseau n’est pas un produit de décoration, c’est une pièce de bois massif : l’essence, la section et l’état de ses arêtes décident du rendu avant même la pose.
  • Il fonctionne sur quelques terrains précis : mur d’accent, tête de lit, claustra, habillage de porte ou de radiateur, contremarche, plafond par petites surfaces.
  • Le vrai sujet, c’est le rythme : un écart serré fait un mur, un écart large fait un claustra, un écart irrégulier ne pardonne jamais.
  • Posé vertical, il étire la pièce ; horizontal, il l’élargit. Sur cadre, il rattrape un mur irrégulier ; sur tableau, il exige un support sain.
  • Des tasseaux seuls sur un mur nu ne sont pas un traitement acoustique : tout l’effet dépend de ce que l’on place derrière.

Il y a des matières qui traversent les modes sans jamais s’y user, parce qu’elles ne doivent rien à une mode : elles doivent tout à un geste. Le tasseau de bois est de celles-là. Une pièce de bois débitée droite, rabotée, alignée avec ses voisines — et un mur qui se met soudain à respirer, à capter la lumière autrement le matin et le soir, à porter une ombre qui bouge.

C’est aussi, à mon sens, le matériau le plus souvent mal employé de la décoration contemporaine. Non pas mal posé : mal dessiné. Car l’essentiel du résultat ne se joue pas au moment du vissage, mais bien avant — dans le choix de l’essence, dans la section, et surtout dans l’écart que l’on laisse entre deux tasseaux. C’est exactement ce que nous allons regarder ici : la matière d’abord, le geste ensuite.

Le tasseau de bois, une matière avant d’être une tendance

Tasseaux de bois bruts empilés, veinage naturel visible.

Un tasseau est une pièce de bois massif de petite section, carrée ou rectangulaire, débitée droite puis rabotée. En décoration, on ne le transforme pas : on l’utilise nu, aligné, répété. Trois paramètres décident du rendu avant toute pose — l’essence, la section, et le traitement des arêtes.

C’est ce qui me plaît dans cette matière, et c’est aussi ce qui la rend exigeante : il n’y a rien derrière. Pas de décor imprimé, pas de placage, pas d’effet. Ce que vous voyez au mur, c’est du bois, avec son veinage, ses variations de teinte d’une pièce à l’autre, parfois ses nœuds. Comme la terre cuite, le tasseau appartient à cette famille de matériaux qui n’ont pas besoin d’être expliqués pour être compris : ils portent leur origine sur eux.

Chêne, frêne, pin, noyer : quelle essence pour quel effet ?

Veinage de chêne clair photographié en gros plan.

En intérieur sec, la question n’est presque jamais technique. Les classes d’emploi du bois classent les usages selon leur exposition à l’humidité, de l’intérieur abrité aux ouvrages immergés : un mur de salon relève de la catégorie la moins exigeante, et pratiquement toutes les essences y tiennent sans traitement particulier. Le choix se déplace donc là où il est le plus intéressant : l’esthétique et le prix relatif.

Le chêne est la valeur sûre, blond doré qui ambre avec le temps, au veinage franc qui se lit encore à trois mètres. Le frêne est plus clair et plus nerveux : son dessin est presque graphique, très lumineux, il éclaire une pièce sombre. Le pin reste le plus accessible, avec ses nœuds bien visibles et une tendance nette à jaunir — à assumer franchement, ou à peindre. Le noyer, enfin, est le plus habillé : brun profond, veinage fondu, superbe sur une petite surface et vite écrasant sur un mur entier.

EssenceTeinte et veinageCe que ça donne au murÀ privilégier quand
ChêneBlond doré à ambré, veinage marqué et régulierChaleur immédiate, matière lisible même de loinVous voulez une trame qui se voie, sans risque
FrêneBlanc crème, veinage très dessiné et nerveuxPlus graphique, plus clair, presque nordiqueLa pièce est sombre et vous cherchez de la lumière
PinClair, jaunissant, nœuds visiblesLe plus rustique et le plus vivant, le moins régulierVous assumez les nœuds, ou vous peignez ton sur ton
NoyerBrun profond, veinage doux et fonduLe plus habillé, très sombre en grande surfacePetite surface : tête de lit, niche, bandeau

Section et arêtes : les deux détails qui changent tout

Menuisier rabotant un tasseau de bois dans son atelier.

Les formats les plus courants tournent autour de quelques sections carrées et rectangulaires de petite dimension, et le choix n’est pas neutre. Une section carrée donne une trame nette, presque abstraite, où chaque tasseau compte autant que son voisin. Une section rectangulaire posée sur chant — c’est-à-dire face étroite vers vous, profondeur vers le mur — crée un relief marqué et une ombre longue : c’est l’option la plus spectaculaire. La même section posée à plat s’efface et donne un simple rayage.

Vient ensuite le détail que presque personne ne regarde en magasin, et qui change absolument tout : l’arête. Une arête vive dessine une ligne franche, une ombre tranchée, un vocabulaire contemporain — mais elle marque au moindre choc et pardonne mal une peinture appliquée trop généreusement. Une arête arrondie ou chanfreinée adoucit la lumière sur le bord du tasseau, donne un rendu plus artisanal, plus doux, et vieillit beaucoup mieux dans un couloir ou sur un escalier. Regardez ce bord de près avant d’acheter : à distance, c’est lui qui donne le ton.

Reste l’état de surface. Le bois brut de rabotage demande un ponçage soigné avant finition, mais vous gardez la main sur la teinte finale. Le pré-peint fait gagner un temps réel et garantit une régularité de couleur d’un tasseau à l’autre ; en échange, vous renoncez au veinage, donc à la moitié de ce qui rend cette matière belle. Mon arbitrage est simple : pré-peint si le tasseau doit disparaître dans le mur, brut si le tasseau est le sujet.

Le bois non traité vieillit : faut-il s’en inquiéter ?

Oui, il vieillit, et non, ce n’est pas un problème — à condition de le décider plutôt que de le découvrir. Un bois laissé nu évolue sous l’effet de la lumière : le pin jaunit franchement, le chêne s’ambre, le noyer perd un peu de sa profondeur. C’est lent, régulier, et honnêtement plutôt beau.

Le vrai risque n’est pas la patine, c’est la patine inégale. Un grand meuble planté devant une partie du mur, un rayon de soleil qui ne touche qu’une moitié de la surface, et vous obtenez une frontière visible au bout de quelques saisons. Deux précautions suffisent : appliquer une finition qui ralentit et unifie l’évolution, et poser des tasseaux issus d’un même lot, débités dans des bois voisins, pour éviter les écarts de teinte dès le premier jour. C’est le même soin qu’on accorde à une belle table en bois massif : la matière vit, on l’accompagne.

Où le tasseau de bois fonctionne vraiment

Mur d'accent en tasseaux de bois derrière un canapé de salon.

Le tasseau n’a pas besoin de couvrir un intérieur entier pour exister. Il fonctionne quand il traite une surface précise et lui donne un rôle : un mur que l’on veut faire regarder, une séparation que l’on ne veut pas fermer, un élément que l’on aimerait au contraire faire disparaître. Partout ailleurs, il devient un tic.

Le mur d’accent est la première évidence, et il y a un critère de choix que je trouve plus utile que tous les autres : prenez le mur qui reçoit la lumière de biais, en rasant. Un mur éclairé de face reste plat, quel que soit le relief posé dessus ; un mur frôlé par la lumière d’une fenêtre latérale ou d’une applique fait travailler l’ombre entre les tasseaux, et c’est cette ombre qui dessine, pas le bois.

Tête de lit en tasseaux de bois dans une chambre aux tons naturels.

La tête de lit est la deuxième valeur sûre, et probablement la plus facile à réussir quand on débute : la surface est limitée, l’erreur coûte peu, et l’effet est immédiat. Un conseil de proportion que j’applique systématiquement : faites déborder la trame de part et d’autre du lit, d’une bonne largeur de table de chevet. Un panneau exactement à la largeur du matelas rétrécit visuellement le lit ; débordant, il l’installe. C’est l’un des gestes les plus efficaces pour redessiner une chambre d’adulte sans rien changer au mobilier.

  • Le mur d’accent — celui qui reçoit la lumière de biais, jamais de face.
  • La tête de lit — petite surface, effet maximal, idéale pour un premier essai.
  • Le claustra — séparer une entrée, un bureau, une cage d’escalier sans cloisonner.
  • L’habillage de porte — prolonger la trame sur le vantail pour faire disparaître la porte.
  • Le cache-radiateur — à condition de laisser l’air circuler largement.
  • Les contremarches d’escalier — surface étroite, très visible, très exposée aux chocs.
  • Le plafond — par petites surfaces seulement : un bandeau, un caisson, le dessus d’un couloir.

Le claustra : séparer sans cloisonner

Claustra en tasseaux de bois séparant deux espaces de vie.

Le claustra est l’usage le plus intelligent du tasseau, et le plus mal calibré. Sa raison d’être est de délimiter sans obscurcir : une entrée qui débouche directement dans le salon, un coin bureau installé dans une pièce à vivre, une montée d’escalier qu’on voudrait moins béante. Le principe est exactement celui des luminaires en rotin et bambou : on ne bloque pas la lumière, on la découpe.

D’où une règle non négociable : un claustra demande un écart large. Resserrez les tasseaux et vous n’avez pas fait un claustra, vous avez construit une cloison ajourée qui prend de la place sans rien apporter. Le vide doit dominer le plein — c’est lui qui laisse passer le regard, la lumière et l’air. Côté fixation, trois solutions selon l’ambition : monté du sol au plafond, tenu dans un cadre indépendant, ou posé sur un demi-mur existant, qui est de loin l’option la plus simple à réussir.

Porte, radiateur, contremarche : habiller ce qui dérange

Contremarches d'escalier habillées de tasseaux de bois.

C’est l’emploi que je préfère, et de loin, parce qu’il ne cherche pas à décorer : il répare une contrariété. Une porte que l’on continue de traiter comme un mur, en prolongeant la trame sur le vantail, disparaît littéralement du regard. Un radiateur laid derrière un rideau de tasseaux devient un élément de menuiserie. Des contremarches habillées transforment un escalier utilitaire en pièce d’ébénisterie — avec, ici, une préférence nette pour les arêtes arrondies, parce que cette surface reçoit des coups de pied à longueur de journée.

Le plafond mérite le même traitement mesuré : un bandeau, un caisson, le dessus d’un couloir, mais rarement toute la surface — nous consacrons d’ailleurs un article entier à la décoration du plafond, où le lambris et les poutres jouent leur propre partition. Et si c’est le grand mur du salon qui vous occupe dans son ensemble, avec toutes ses options possibles, il fait l’objet d’un guide séparé : ici, le tasseau est le sujet, pas une solution parmi douze.

⚠️ Deux situations qui ne se règlent pas seul — Un habillage posé au contact d’une source de chaleur (radiateur, poêle) ou à proximité d’un conduit de fumée relève de règles de distance et de ventilation qui dépendent de l’appareil : faites valider l’implantation par un installateur qualifié. Même chose pour un claustra qui participerait à la structure, remplacerait un garde-corps ou reprendrait une charge : c’est un ouvrage de menuiserie ou de charpente, pas de décoration. Un professionnel doit en dimensionner la tenue.

Le rythme : l’écart entre les tasseaux décide de tout

Tasseaux de bois régulièrement espacés, jeu d'ombres sur le mur.

Voilà le sujet que presque personne ne traite, et qui explique pourtant l’essentiel des réussites comme des ratés. L’écart entre deux tasseaux est le véritable levier de cette décoration. Raisonnez en rapport à la largeur du tasseau, jamais en centimètres absolus : un écart plus étroit que le tasseau donne un mur plein, un écart égal donne une trame, un écart doublé donne un claustra.

Cette façon de compter a un avantage décisif : elle fonctionne avec n’importe quelle section. Changez de format, gardez le rapport, et vous gardez l’effet. C’est aussi ce qui permet de décider du rendu sur le papier, avant d’acheter le premier tasseau.

Serré, trame ou claustra : trois écarts, trois résultats

  • Écart plus étroit que le tasseau (environ la moitié de sa largeur) — le bois domine, le fond disparaît. On ne lit plus un motif mais une surface : c’est un mur habillé, chaud, enveloppant. Le plus consommateur en matière, et le plus imposant dans une petite pièce.
  • Écart égal à la largeur du tasseau — bois et fond à égalité parfaite. C’est la trame, le rendu le plus lisible, le plus graphique et le plus facile à réussir. Si vous hésitez, prenez celui-là.
  • Écart de deux largeurs ou plus — le vide domine, le regard passe à travers. C’est le claustra. Attention : le fond devient pleinement visible, il doit donc être traité comme une vraie surface de décor.

Pourquoi un écart irrégulier se voit toujours

Parce que l’œil ne mesure pas : il compare. Devant une trame régulière, il lit une intention et cesse d’analyser. Dès qu’un intervalle diffère de ses voisins, il s’y accroche et lit un défaut — pas une variation, un défaut. Et il ne le lâche plus.

Il existe une seule exception, et elle est exigeante : une irrégularité franchement voulue et systématique, par groupes de trois ou de cinq tasseaux séparés par un vide plus large. Là, l’œil retrouve une logique, donc un rythme. Le pire résultat est toujours l’entre-deux : le presque-régulier, où l’on devine une trame contrariée sans comprendre pourquoi. Le piège le plus classique est la dernière rangée — on aligne sagement depuis un bord, et le dernier intervalle absorbe tout le cumul d’erreur. C’est précisément le seul endroit du mur que l’on regarde en entrant.

L’écart entre deux tasseaux n’est pas un détail de pose : c’est le dessin. Serré, vous avez un mur. Large, vous avez un claustra. Approximatif, vous n’avez rien.

Partir du mur, pas du tasseau

La méthode qui évite la mauvaise surprise tient en une inversion : on ne part pas d’un écart choisi puis on pose jusqu’à ce que ça tombe, on part de la largeur exacte de la surface et on répartit. Mesurez le mur, décidez d’abord si vous voulez un tasseau ou un vide à chacune des deux extrémités — c’est ce choix qui crée la symétrie —, puis répartissez. Et acceptez d’ajuster l’écart de quelques millimètres sur toute la trame : personne ne verra jamais cette correction, alors que tout le monde verra un tasseau refendu en bout de mur.

Dernier point, souvent oublié jusqu’au moment où il est trop tard : le fond. Il se peint avant, jamais après. Un ton sombre et mat creuse l’espace entre les tasseaux et donne une profondeur remarquable ; un ton sur ton adoucit et fait lire la trame comme un relief plutôt que comme un motif. À l’inverse, un blanc brillant renvoie la lumière dans les interstices et écrase tout le relief que vous venez de construire.

💡 Astuce — Avant de fixer quoi que ce soit, posez quatre ou cinq tasseaux à blanc contre le mur, à l’écart que vous envisagez, puis reculez de trois mètres et regardez-les à la lumière du soir. Le rythme se juge à distance et en lumière rasante, jamais le nez sur le mur. Dix minutes d’essai valent mieux qu’un mur entier à redéposer.

Poser ses tasseaux : sur tableau, sur cadre, et dans quel sens

Pose de tasseaux de bois sur un cadre fixé au mur.

Deux méthodes existent, et elles ne donnent pas le même résultat. Sur tableau, les tasseaux sont fixés directement contre le mur : c’est rapide et peu encombrant, mais le support doit être plan, sain et sec. Sur cadre, on fixe d’abord une ossature de liteaux et les tasseaux viennent dessus : plus de travail, mais un rendu parfaitement droit même sur un mur qui ne l’est pas.

En vidéo : un mur en tasseaux de bois posé en conditions réelles (chaîne Mathilde & Jérémy).

Sur tableau ou sur cadre : laquelle choisir ?

La pose sur tableau se justifie quand le mur est déjà beau : plan, propre, sans trace d’humidité. Un point de colle adaptée et quelques vis suffisent, et vous ne perdez presque rien en épaisseur. Sa limite est structurelle, au sens propre : il n’y a aucun vide derrière. Donc pas de câble à faire passer, pas de ruban lumineux, pas de matière absorbante — et aucune tolérance sur un mur qui ondule.

La pose sur cadre est plus généreuse. L’ossature se pose perpendiculairement aux tasseaux — horizontale si vos tasseaux sont verticaux, et l’inverse —, on la met d’aplomb en la calant, et elle rattrape les défauts du mur. Surtout, elle crée un vide de quelques centimètres, et ce vide est ce qui rend tout le reste possible : un passage de câble, un éclairage indirect, un matériau absorbant. Retenez cela, nous y reviendrons pour l’acoustique — c’est la même idée. Si ce vide doit accueillir de l’électricité, faites intervenir un électricien pour l’alimentation.

Vertical ou horizontal : ce que chaque sens fait à la pièce

Tasseaux verticaux dans un couloir étroit, effet de hauteur.

Le sens de pose n’est pas une question de goût, c’est un outil de correction. Vertical, le tasseau étire : il tire le regard vers le haut et fait gagner de la hauteur perçue. C’est le sens le plus utilisé, et le plus utile dans une entrée, un couloir étroit ou une pièce au plafond bas. Horizontal, il élargit et apaise : il allonge un mur court, calme une pièce agitée, mais il souligne un plafond bas au lieu de le racheter — et ses arêtes supérieures deviennent autant de petites étagères à poussière.

La diagonale et le chevron sont possibles, spectaculaires, et je les déconseille pour un premier chantier : chaque coupe est un angle à tenir, et le rythme y est deux fois plus difficile à garder régulier. Reste la question de la hauteur d’arrêt. Pleine hauteur pour un mur d’accent, c’est le geste franc. Pour une tête de lit, je m’arrête volontiers autour des deux tiers de la hauteur du mur : la trame cadre le lit sans écraser la pièce. Et un simple bandeau bas, à hauteur de soubassement, suffit parfois à structurer un couloir.

Huile, cire, vernis mat ou peinture ton sur ton

Application d'une huile sur un tasseau de bois avec un chiffon.
  • L’huile — elle nourrit, révèle le veinage et fonce légèrement le bois. Elle se retouche par zones, sans tout refaire. C’est ma finition préférée sur le chêne et le frêne, parce qu’elle laisse la matière respirer.
  • La cire — toucher très doux, satiné discret, rendu presque velouté. En contrepartie elle craint l’eau et demande à être renouvelée plus souvent.
  • Le vernis mat — le plus protecteur et le plus facile à nettoyer, donc le bon choix sur un escalier ou une contremarche. Il fige en revanche la matière et se retouche mal localement.
  • La peinture ton sur ton — tasseaux et fond dans la même teinte : il ne reste que le relief et l’ombre. Radical, très graphique, et souvent la décision la plus juste quand l’essence n’a rien à raconter.

Un mot sur les pièces d’eau, puisque la question revient sans cesse : le bois n’y est pas interdit, il y est simplement plus exigeant. Hors zone d’éclaboussure directe, avec une finition adaptée et une ventilation qui fonctionne réellement, une trame de tasseaux tient très bien dans une salle de bain. Dans la douche ou juste au-dessus d’une baignoire, en revanche, c’est un autre métier.

Acoustique : ce que des tasseaux font, et ce qu’ils ne font pas

Panneau de tasseaux de bois doublé d'un feutre sombre.

Soyons nets, parce que c’est la promesse la plus répandue et la plus abusive : des tasseaux vissés sur un mur nu n’améliorent pratiquement pas l’acoustique d’une pièce. Le bois est dense, il réfléchit le son. Ce qui absorbe, c’est ce que l’on place derrière — une matière poreuse et un vide d’air. Sans cela, l’effet est visuel, pas sonore.

Je préfère le dire ainsi plutôt que d’entretenir le malentendu, parce que beaucoup de gens engagent ce chantier d’abord pour une pièce qui résonne, et se retrouvent avec un joli mur et exactement le même écho. Ce n’est pas que l’acoustique soit hors de portée : c’est qu’elle se joue ailleurs que dans le tasseau.

Ce qu’il y a derrière fait tout le travail

Le mécanisme est simple à comprendre. Pour qu’une onde sonore perde son énergie, il faut qu’elle entre dans un matériau poreux — un feutre épais, un panneau de fibres, une laine — et s’y épuise en frottements. Les tasseaux, eux, ne font que ménager des fentes par lesquelles l’onde peut atteindre cette matière. Ils sont le passage, pas l’absorbeur.

Trois conditions doivent donc être réunies en même temps : une matière absorbante posée contre le mur, un vide d’air entre elle et les tasseaux, et une proportion de vide suffisante entre les tasseaux pour que le son y accède. C’est exactement le principe des panneaux de tasseaux collés sur feutre que l’on trouve dans le commerce — leur intérêt n’est pas le bois visible, c’est le textile invisible. À l’inverse, une trame serrée posée sur tableau, contre du plâtre nu, ne produira aucun effet mesurable. Autant le savoir avant d’acheter.

Diffuser, absorber, isoler : trois promesses différentes

Absorber, c’est réduire la réverbération à l’intérieur de la pièce — l’écho, cette impression de salle vide qui sonne. C’est presque toujours ce que l’on cherche, et cela demande de la matière poreuse en quantité. Diffuser, c’est casser les réflexions et les répartir dans l’espace au lieu de les renvoyer en bloc : un relief régulier de tasseaux fait effectivement un peu de diffusion, surtout dans les aigus. L’effet est réel, mais modeste, et ce n’est pas celui que l’on attend.

Isoler, enfin, c’est empêcher le son de passer d’une pièce à l’autre, et cela n’a rien à voir : c’est une affaire de masse et de désolidarisation. Des tasseaux n’isolent pas, et un claustra encore moins — il est ajouré par construction, le son y circule comme la lumière. Si le confort sonore est votre objectif principal plutôt qu’un bonus, la documentation technique du CNDB aborde ces sujets, et un acousticien vous fera gagner un temps considérable : il vous dira où placer la matière absorbante, ce que le tasseau ne saura jamais vous dire tout seul.

Reste alors ce qui a fait la beauté de cette matière depuis le début, et qui n’a jamais eu besoin d’argument technique : une pièce de bois, un écart régulier, une ombre qui bouge avec le jour. Le tasseau ne cherche pas à imiter autre chose que lui-même. C’est déjà beaucoup — et c’est bien pour cela qu’il tient, saison après saison, quand les motifs passent.

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Vos questions sur la déco en tasseaux de bois

Quel espace laisser entre deux tasseaux de bois ?

Raisonnez en rapport à la largeur du tasseau plutôt qu’en centimètres. Un écart d’une demi-largeur donne un mur plein, un écart égal à la largeur donne une trame graphique, un écart de deux largeurs ou plus donne un claustra. L’essentiel reste la régularité : un intervalle irrégulier se remarque toujours.

Quelle est la différence entre un tasseau et un liteau ?

Les dimensions sont voisines, l’usage diffère. Le tasseau est raboté, calibré et destiné à être vu : c’est une pièce de finition. Le liteau reste brut de sciage, moins régulier, et sert de support — notamment en couverture, sous les tuiles. En décoration murale, le liteau fait l’ossature, le tasseau fait le décor.

Quel type de tasseau choisir pour une déco murale ?

En intérieur sec, le choix est esthétique avant d’être technique. Le chêne pour une chaleur immédiate, le frêne pour éclairer une pièce sombre, le pin si vous assumez les nœuds ou peignez, le noyer sur petite surface. Regardez surtout les arêtes : vives pour un rendu contemporain, arrondies pour un esprit plus artisanal.

Un mur en tasseaux de bois améliore-t-il l’acoustique ?

Pas par lui-même. Le bois est dense et réfléchit le son : des tasseaux posés sur un mur nu ne changent quasiment rien à la réverbération. L’absorption vient de ce qu’on place derrière — un feutre ou un panneau poreux, plus un vide d’air. Sans cela, l’effet reste purement visuel.

Comment intégrer un éclairage LED derrière des tasseaux de bois ?

Il faut une pose sur cadre : c’est le vide entre l’ossature et les tasseaux qui accueille le ruban. Placez-le hors du champ de vision directe pour n’en voir que la lueur, choisissez une lumière chaude et prévoyez son alimentation en amont. Confiez le raccordement électrique à un professionnel.

Peut-on poser des tasseaux de bois dans une salle de bain ?

Oui, hors zone d’éclaboussure directe. Une finition adaptée aux ambiances humides et une ventilation qui fonctionne réellement sont indispensables, car les classes d’emploi du bois distinguent l’intérieur sec des ambiances humides. Dans la douche ou au-dessus d’une baignoire, tournez-vous vers un autre matériau.

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